| La Turquie |
La Turquie, ou la République de Turquie pour les usages officiels, est un pays du monde situé en Asie (Anatolie) à 97 % et en Europe (Trakya, soit la Thrace orientale) à 3 %. La Turquie est parfois considérée comme faisant partie de l'Europe, parfois de l'Asie. La Turquie a des frontières terrestres avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan (Nakhitchevan), l'Iran, l'Irak et la Syrie. C’est une république parlementaire dont la langue officielle est le turc. C'est un État laïc depuis 1937.
La Turquie (en turc Türkiye), officiellement la République de Turquie ( La Turquie est considérée comme faisant partie parfois de l'Europe, parfois de l'Asie. Par sa localisation géographique, à cheval sur deux continents, au carrefour des axes Russie - Méditerranée et Balkans - Moyen-Orient, sur l'antique route de la soie, aujourd'hui sur le tracé d'oléoducs d'importance stratégique, la Turquie a toujours été un carrefour d'échanges économiques, culturels, religieux? Elle a fait le lien entre l'Orient et l'Occident, d'où sa position géostratégique de premier plan qui se renforce au vu des événements politiques qui secouent tant le Moyen-Orient que le marché des hydrocarbures ou les tensions liées au problème de l'eau. La Turquie moderne, fondée sous l'impulsion de Mustafa Kemal en 1923 sur les ruines de l'Empire ottoman défait par la Première Guerre mondiale, est une république démocratique, unitaire, constitutionnelle et laïque. Depuis lors, elle n'a eu de cesse de se rapprocher de l'Occident en se joignant, par exemple, à des organisations de coopération : l'OTAN, l'OCDE, l'OSCE, le Conseil de l'Europe ou le G20. La Turquie est officiellement candidate depuis 1963 à l'entrée dans la Communauté économique européenne (CEE), l'actuelle Union européenne (UE), avec qui elle a conclu un accord d?union douanière en 1995, en vigueur depuis 1996. Parallèlement, la Turquie a su conserver des liens privilégiés avec les pays à population majoritairement musulmane comme elle, ainsi qu'avec le Moyen-Orient et l'Asie centrale en participant notamment à l'Organisation de la conférence islamique.
HistoireAntiquitéArticle principal : Anatolie. La péninsule anatolienne (ou Asie Mineure), qui représente aujourd'hui 95 % de la Turquie moderne, compte parmi les régions du globe qui ont continuellement été habitées tout au long de l'histoire de l'humanité. Les premières implantations comme celles de Çatalhöyük, Çayönü, Hac?lar, Göbekli Tepe et Mersin sont considérées comme parmi les plus anciennes au monde. Le premier empire à émerger en Anatolie a sans nul doute été l'Empire hittite, du XVIIIe au XIIIe siècle av. J.-C. Par la suite, les Phrygiens, un peuple indo-européen, ont gouverné ces terres jusqu'à leur anéantissement par les Cimmériens au VIIe siècle D'autres peuples indo-européens se sont succédé en Anatolie, dont les Lydiens et les Lyciens. Vers -1200, la côte ouest de l'Anatolie subit l'invasion des Grecs éoliens et ioniens. Puis l'Empire perse achéménide domine toute l'Asie Mineure aux VIe et Ve siècles av. J.-C.. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand, débutant ses grandes conquêtes, envahit l'Anatolie, qui se divise après sa mort en royaumes grecs comme ceux de Bithynie, de Cappadoce, de Pergame ou du Pont. Ces derniers sont submergés par la conquête romaine. En 324 apr. J.-C., l'empereur romain Constantin Ier choisit Byzance comme nouvelle capitale de l'Empire. Elle est dénommée Constantinople, la Nouvelle Rome. Conquise par le sultan Mehmed II en 1453, elle devient Istanbul. L'Empire seldjoukide et les premiers Turcs d'AnatolieArticle détaillé : Seldjoukides. Les Turcs, à l'origine peuple nomade originaire d'Asie, des plaines de Mongolie à celles de l'Asie centrale, ont connu un vaste et continu mouvement d'émigration vers l'ouest. Organisés en tribus et en fédérations de tribus non exclusivement turques, ils ont constitué au cours du temps des royaumes (comme celui des Göktürk ou Turcs Célestes) plus ou moins vastes et plus ou moins durables. La première fois que l'histoire retient le nom des Turcs au Moyen-Orient, c'est en tant que mercenaires des califes abbassides, qu'ils dirigent de fait dès le Xe siècle. Les Seldjoukides, des Turcs Oghouz, fondent un empire qui s'étend de l'Anatolie jusqu'aux plaines d'Asie centrale. Les invasions mongoles de Gengis Khan achèvent l'Empire seldjoukide, déjà mis à mal par ses luttes internes et par les Croisades. L'Empire ottoman (1299 à 1923)Article détaillé : Empire ottoman. Bataille de Nicopolis (1396) Siège de Nice (1543) En 1299, le sultan oghouz Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène. Cet événement est considéré comme le début de l'Empire ottoman. Dès lors, l'Empire ne va cesser d'accroître son territoire et il atteint son apogée au XVIe siècle sous le règne de Soliman le Magnifique. Les Balkans sont conquis dès la fin du XIVe siècle et la Serbie est entièrement annexée en 1459. 1453 voit la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. C'est la fin de l'Empire byzantin. C'est à cette époque que de nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l'islam pour ne pas payer le haraç (impôt sur les non-musulmans) et deviennent ottomans. Au XVIe siècle, l'Empire trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il est un allié traditionnel de la France, dans une alliance de revers contre les Habsbourg dès le règne de François Ier. L'Empire décline à partir du XVIIIe siècle. La défaite à la bataille de Vienne de 1683 marque le début du déclin effectif et des premières pertes territoriales. Au XIXe siècle, l'Empire désagrégé tente de se reconstruire en se modernisant par de nombreuses réformes. Mais cette période de réformes, appelée Tanzimat, s'achèvera en 1876 sans empêcher la perte de la Grèce, de l'Égypte ou de l'Algérie. À la fin du siècle, ce sont les Balkans qui retrouvent leur liberté. Dans le même temps, les populations arméniennes se révoltant pour obtenir davantage de droits et de libertés deviennent un véritable problème au sein de l'Empire. Le sultan Abdülhamid II ordonne de les massacrer entre 1894 et 1896. Les massacres hamidiens feront 200 000 victimes arméniennes[4]. En 1912, l'Empire ottoman perd, à l'issue de la guerre italo-turque, la Tripolitaine et la Cyrénaïque (Libye) ainsi que Rhodes. En 1913, la défaite de la Première guerre balkanique amène les Jeunes-Turcs (Parti Union et Progrès) au pouvoir. Entre 1915 et 1917, le noyau dur du parti, et notamment Talaat Pacha, met en place et organise le génocide arménien qui coûte la vie, selon la majorité des historiens, à 1,2 million d'Arméniens d'Anatolie et du haut-plateau arménien[5]. Les deux tiers de la population arménienne d'Anatolie et du haut-plateau arménien ont été exterminés sans que les puissances occidentales n'interviennent. Le génocide arménien est appelé le « premier génocide du XXe siècle »[6].
Entre 1920 et 1923, Mustafa Kemal Atatürk mène la guerre républicaine destinée à récupérer une grande partie des territoires perdus par le traité de Sèvres. Finalement, le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne revient sur le traité de Sèvres en attribuant toute l?Anatolie et la Thrace orientale à la Turquie ; les minorités grecque et arménienne résiduelles sont chassées, sauf à Istanbul. La République de Turquie (depuis 1923)Article détaillé : Histoire de la Turquie.
Quelques dates :
GéographieArticle détaillé : Géographie de la Turquie. La Turquie est située pour sa majeure partie (97 %) en Asie (Anatolie), où se trouve sa capitale Ankara, mais une partie du pays se trouve en Europe (3 %), la Thrace. La principale ville, ?stanbul (qui s?est auparavant appelée Byzance, puis Constantinople jusqu'à la conquête ottomane au XVe siècle), est située à cheval entre la Thrace et l?Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore. Géologie et paysage du paysLa Turquie se compose de deux chaînes de montagnes, les monts Taurus et la chaîne pontique, qui enserrent le plateau anatolien et le haut-plateau arménien. Ce sont des formations géologiques jeunes, toujours actives, comme l'indiquent les nombreuses failles et plissements. Environ 80 % du pays se trouve dans une zone tectonique extrêmement active. Le nord de la Turquie est bordée par une faille très active: la faille nord-anatolienne. La Turquie possède huit principaux bassins hydrographiques dont les plus importants sont ceux de l'Euphrate (Firat) et du Tigre (Dicle). Environ un quart du pays est couvert de forêts ? pins, épicéas, cèdres et arbres à feuilles caduques. Le reliefDans le nord du pays, la chaîne Pontique voit se succéder d'ouest en est le massif schisteux de l'Istranca Dai (Thrace orientale), les plateaux de Bithynie et la série des chaînons montagneux de plus en plus élevés dominant la mer Noire. Les deltas du Kizil Irmak et du Yesil Irmak forment les deux seules plaines littorales. Au sud, le Taurus, second grand ensemble montagneux, dessine deux grands arcs séparés par le rentrant du golfe d'Antalya et de la plaine de Pamphylie. Taurus et chaîne Pontique se rejoignent en Anatolie orientale, appelé également haut-plateau arménien (Arménie occidentale) où le mont Ararat (5 165 m), sur lequel l'arche de Noé se serait échouée après le Déluge, constitue le point culminant du pays. Le climatPar sa position au nord-est du Bassin méditerranéen, la Turquie appartient, globalement, au domaine climatique méditerranéen : l'hiver est doux, tandis que l'été est chaud et sec. Toutefois, la position périphérique des principaux reliefs introduit de profondes perturbations dans ce schéma. Ainsi toutes les régions intérieures sont-elles marquées par la continentalité : hivers plus froids, total de précipitations plus faible, maximum pluviométrique décalé vers le printemps. Inversement, la région pontique, abordée de plein fouet par des masses d'air humidifiées au-dessus de la mer Noire, reçoit des précipitations abondantes et régulières. Découpage administratifArticles détaillés : Régions de Turquie, Provinces de Turquie, Districts de Turquie et Villes de Turquie. La capitale de la Turquie est Ankara. Le territoire national est divisée en 81 provinces (en turc il). Les provinces sont organisées en 7 régions (bölge) instituées pour procéder au recensement national ; cependant, elles ne représentent pas une structure administrative. Chaque province est elle-même découpée en districts (ilçe), soit un total de 957 districts. Les provinces et les arrondissements sont administrés respectivement par des préfets (vali) et des sous-préfets (kaymakam) nommés par l?État. La province est la circonscription électorale pour l?élection des députés au parlement. Les maires de commune (belediye ba?kan?) sont élus au suffrage universel, en même temps que les maires de quartier ou de village (muhtar). Dans certaines grandes villes, il existe un niveau administratif regroupant plusieurs communes, la « métropole » (büyük?ehir). Les provinces ont le même nom que leur capitale provinciale, aussi appelée district central ; la seule exception est Hatay (capitale: Antakya). Les provinces les plus peuplées sont Istanbul (+12,6 millions), Ankara (+4,5 millions), Izmir (+3,7 millions), Bursa (+2,5 millions), Adana (+2 millions) et Konya (+1,9 million). Dix-neuf provinces ont des populations de plus d'un million habitants, vingt provinces entre 500 000 et un million et seulement deux provinces ont des populations moins de 100 000. La plus grande ville et la capitale pré-républicaine Istanbul est le c?ur financier, économique et culturel du pays[8]. Les autres villes importantes sont Izmir, Bursa, Adana, Trabzon, Malatya, Gaziantep, Erzurum, Kayseri, Kocaeli, Konya, Mersin, Eski?ehir, Diyarbak?r, Antalya et Samsun. Environ 75 % de la population turque est citadine. Population et société turqueDémographieArticle détaillé : Démographie de la Turquie. La République de Turquie comptait 76 805 524 habitants au 31 décembre 2008, soit environ 1 % de la population mondiale. La population urbaine représente 75 % de la population. La croissance démographique turque a diminué ces dernières années et avoisine désormais 1,312 %[9]. Le taux de fécondité en 2008 est de 2,12 enfants par femme[10].
La baisse de fécondité entre 2001 et 2008 est notamment due à la baisse de près de 17% du nombre des naissances dans le sud-est de la Turquie (à majorité kurde).[10] Cette baisse est à mettre en relation avec l'augmentation de l'offre en termes de santé proposée par le gouvernement turc et le début du planning familial inexistant jusqu'à maintenant dans cette région. L'espérance de vie en 2009 est estimée en moyenne à 73.7 années (71.5 ans pour les hommes, et 76.1 ans pour les femmes). [10]
Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan n'a de cesse d'encourager les femmes turques à mettre au monde au moins 3 enfants pour ne pas voir une Turquie vieillir comme les pays de l'Union européenne.[11] LangueD?après l?article III de la Constitution de 1982[12], la Turquie a une seule langue officielle qui est le turc écrit en alphabet latin depuis 1928. Parmi les autres langues parlées, on trouve notamment l'arabe (dans le sud-est et dans la région de Hatay (Antakya, ex-Antioche et Siirt), le kurde (Kurmandji et zazaki) (est et sud-est de la Turquie), le laze (nord-est), etc. On dénombre en Turquie une cinquantaine de langues et dialectes différents et neuf alphabets. Depuis 2002, d?autres langues minoritaires sont reconnues et autorisées, y compris à l?enseignement. ReligionsLa Mosquée Ortaköy. La religion de la population est en très large majorité l'islam, avec, en fonction des références, 70 à 85 % musulmans sunnite hanafite et entre 15 et 25% d'alévis. Il est difficile de quantifier le nombre de ceux-ci en Turquie : les responsables d'associations parlent de 25 millions, les démographes expriment les chiffres de 8 millions (soit 11% de la population) à 12 millions (17% de la population turque)[13] [14]. Si on se réfère aux différents pourcentages des différentes élections qui se sont déroulées en Turquie pour faire une estimation des alévis, et en particulier à Sivas, la ville qui compte le plus de villages alévis dans toute la Turquie, les trois partis ayant une politique ouvertement pro-sunnite ou plus ou moins hostile aux alévis et donc pour lesquels les alévis ne devraient pas voter, atteignent 63,75 % en 1999, 72,16% en 2002 et 79,96% en 2007 avec des taux de participations dépassant les 85% à chaque fois[15]. Au début du XXe siècle, des Arméniens chrétiens vivaient en Turquie orientale sur le haut-plateau arménien et des Grecs orthodoxes sur la côte de la mer Égée ainsi que sur les côtes septentrionales et méridionales (Trébizonde, Antalya, Smyrne...). Au cours de la Première Guerre mondiale, la plupart des Arméniens ont été tués, déportés ou ont fui lors du génocide arménien. Les Grecs ont d'abord fui après l'incendie de leurs maisons par les forces turques[16], pendant la guerre gréco-turque de 1920-1922, ensuite ont été sujet à un échange de populations entre la Grèce et la Turquie entre 1923 et 1927, avec un transfert de populations grecques d'Anatolie vers la Grèce et des populations turques de la Grèce vers la Turquie. L'Asie mineure est l'un des berceaux du christianisme. Selon les actes des Apôtres, c'est à Antakya que les disciples reçurent pour la première fois le nom de chrétiens. Saint Paul est originaire de Tarse et il voyagea beaucoup en Turquie : Antakya, Konya, Ankara (capitale des Galates), Éphèse. Cette dernière ville est attachée à la mémoire de saint Jean. Selon la tradition, la Vierge Marie passa ses dernières années près d'Éphèse, à Selçuk. La grotte des Sept Dormants d'Éphèse se situe près d'Éphèse comme son nom l'indique. Six des sept conciles ?cuméniques se rassemblèrent en Turquie actuelle (Éphèse, Nicée, Constantinople, Chalcédoine). On trouve des vestiges du christianisme primitif en Cappadoce et dans la région de Trabzon. Le nombre des chrétiens en Turquie ne dépasserait pas à ce jour les cent mille, bien que la plus grande ville du pays, Istanbul, soit le siège de deux patriarcats prestigieux : celui des Grecs et des Arméniens. Les Arméniens constituent la plus grande communauté chrétienne du pays (60 000 dont 45 000 à Istanbul[17]), répartis en trois communautés : apostoliques (57 000), catholiques (3 000) et protestants (500) à Istanbul, Antakya et Kayseri). On peut également citer les Syriaques (15 000 dont 2 000 catholiques, à Istanbul et Mardin), les Chaldéens (10 000, pour la plupart de nationalité irakienne), les Latins (5 000, concentrés à Istanbul et Izmir ; de petites communautés à Bursa, Konya, Mersin, Tarsus, Antakya, Iskenderun, Samsun, Trabzon), les orthodoxes grecs (3 000, à Istanbul, Antakya, Gökçeada et Bozcaada). Il convient aussi d'ajouter les « nouveaux » protestants, soit les musulmans convertis au protestantisme évangélique, qui sont au nombre de 5 000[réf. nécessaire]. Les juifs (25 000) sont concentrés à Istanbul (22 000), ?zmir (2 500), Bursa (env. 500) et Çanakkale )[réf. nécessaire]. Un autre groupe religieux, issu du judaïsme, est celui des Sabbatéens ou Dönme. (+/- 20 000) On trouve également des bahaïs (dont Edirne est la ville sainte) et des yézidis (d'origine kurde) en nombre réduit. Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal, version européenne, annonce que 95 % des Turcs se définissent comme musulmans et 72 % observent les prescriptions de l?islam. Deux tiers des femmes turques portent le voile islamique[18]. La laïcité en Turquie?zmir est un bastion du laïcisme. Alors que la Constitution du 20 janvier 1921[19] ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l?article 2 en indiquant que « la religion de l'État turc est l?islam » (Türkiye Devletinin dini, Dîn-i ?slâmd?r). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924[20] (dont l?article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu?elles ne s?opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l?État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkç?, Devletçi, Laik ve ?nk?lâpç??d?r), les « six principes d?Atatürk ». Tout cela s?est traduit sous Atatürk par :
Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l?accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d?Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l?État. Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n?est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n?y a pas de séparation entre la religion et l?État, mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l?État ; chacun reste cependant libre de ses croyances. C?est ainsi que la religion est mentionnée sur les papiers d?identité et qu?il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses »[21] (Diyanet) qui instrumentalise parfois l?islam pour légitimer l?État et qui gère les 77 500 mosquées du pays. Cet organisme étatique finance uniquement le culte musulman sunnite, les cultes non-sunnites doivent assurer un fonctionnement financièrement autonome[22], quand ils ne rencontrent pas d'obstacle administratif à ce même fonctionnement. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal), l?enseignement religieux dans le secondaire est même devenu obligatoire. Malgré la mise en place de la politique laïque en Turquie, la proportion de la population chrétienne est passée de 10 % en 1920 à 0,3 % au début du XXIe siècle et a déjà subi des agressions en raison de la religion[23]. En février 2008, le Parlement turc a voté une loi autorisant les femmes à porter le voile dans les universités[24] ; cette loi fut annulée par la Cour constitutionnelle en juin 2008. Toute critique envers l'islam peut valoir à son auteur une condamnation en vertu de l'article 216 du code pénal turc qui punit d'une peine de six mois à un an de prison toute personne coupable d'avoir dénigré les valeurs religieuses de la population. C'est en vertu de ce principe que l'écrivain Nedim Gürsel est actuellement poursuivi après la publication de son livre Les Filles d'Allah [25]. ÉducationPour les écoles francophones voir : Lycée Français Charles-de-Gaulle, Lycée français Pierre-Loti, Lycée Saint-Benoît, Lycée Tevfik Fikret (un à Ankara et un à ?zmir), Lycée Notre-Dame de Sion, Lycée Sainte-Pulchérie, Lycée Saint-Michel, Lycée Saint-Joseph (un à Istanbul et un autre à Izmir), Lycée de Galatasaray, l'Université Galatasaray et le Lycée Burak Bora. Protection socialeLa protection sociale en Turquie s?articule entre différents mécanismes dont l?ensemble ne couvre pas l?intégralité de la population turque (67,3 millions d?habitants en 2000). Quatre systèmes publics de protection sociale coexistent en Turquie : le Memur Saglik est destiné aux actifs de la fonction publique et leurs ayants droit directs ; l?Emekli Sandigi concerne les retraités de la fonction publique, ainsi que leurs ayants droit directs ; la SSK couvre les employés du secteur privés et les ouvriers du secteur public ; le Bag-Kur assure les artisans, les commerçants et les membres des professions libérales. Il existe une forme d?assurance personnelle qui permet d?adhérer volontairement à la SSK. Cette adhésion est individuelle ou collective, volontaire ou obligatoire. Individuellement, toute personne peut volontairement adhérer à la SSK en échange du versement d?une prime d?assurance. Collectivement, l?assurance est soit volontaire, soit collective. Volontaire, elle concerne des groupes exclus du bénéfice automatique de la SSK et qui négocient librement leur affiliation contre versement d?une cotisation ; obligatoire, le dispositif est identique mais les groupes choisissent de contraindre leurs membres à l?affiliation. On compte une trentaine de sociétés d?assurances privées regroupant 300 000 personnes ; elles offrent leurs services aux personnes ne disposant pas de couverture sociale et ne pouvant financièrement assumer le coût de l?adhésion. Le nombre de leurs adhérents a augmenté durant les années 1990. Ces différents mécanismes ne couvrent pas la totalité de la population turque. Sont exclus, en particulier, les agriculteurs et les pauvres urbains, dont le niveau de revenu exclut tout recours à des assurances complémentaires privées. La réforme de la SSK, (qui couvre la moitié de la population turque), imposant une durée de cotisation minimale de 120 jours avant toute prise en charge, a renforcé cet état de fait. Pour pallier les carences de la couverture sociale, plusieurs dispositifs ont été mis en place : la carte verte ; le fonds d'aide sociale ; les systèmes municipaux ; les fondations. Pour plus de renseignements voir : Robert Holcman, «Atomisation de la protection sociale et fractionnement de l?offre hospitalière en Turquie», Revue internationale de Sécurité sociale, vol. 57, no 2, avril-juin 2004, p. 183-108, disponible sur [1]. Système hospitalierDeux grandes catégories se distinguent : les hôpitaux privés et les hôpitaux publics, et ? au sein de ces derniers ? les hôpitaux d?État et ceux de la SSK. Les hôpitaux de l?État se répartissent à leur tour entre hôpitaux du ministère de la Santé, hôpitaux dépendant de tel ou tel ministère (Défense, Police, Intérieur?), et hôpitaux universitaires. Au total, la Turquie compte 1 256 établissements hospitaliers publics regroupant 176 121 lits, auxquels il faut ajouter le réseau des dispensaires. Ces derniers sont au nombre de 5 700 environ, ils couvrent une population de 7 500 personnes et contrôlent plusieurs sous-unités (trois à quatre en moyenne). Les établissements publics de santé se répartissent entre :
L?étanchéité initiale entre les hôpitaux publics ? particulièrement entre hôpitaux d?État et de la SSK ? cède peu à peu la place à une forme d?intégration, encore très parcellaire et incomplète. À elle seule, la métropole d?Istanbul dispose de 39 hôpitaux du ministère de la Santé, 3 hôpitaux universitaires, 16 hôpitaux de la SSK ; elle regroupe 234 dispensaires, dont 220 reliés au ministère de la Santé. On compte environ 150 hôpitaux privés qui regroupent 11 500 lits. Ce secteur de la santé est en plein développement, en particulier à l?incitation des grands organismes financiers internationaux qui exigent des autorités turques une libéralisation de l?offre de soins. Comme exemples d?institutions privées, on peut citer la chaîne d?hôpitaux Acibadem, l?Universal Vatan (52 établissements). À Istanbul, les hôpitaux « nationaux » sont très présents : français, américain, allemand, italien, bulgare, arménien, grec? Les hôpitaux privés sont souvent particulièrement bien dotés en personnel et très bien équipés : le premier TEP Scan installé dans le monde par la société Siemens l?a été dans un hôpital d?Acibadem. Ils disposent de l?ensemble des outils de diagnostic et de traitement : laboratoires, centre de transfusion sanguine, services d?urgence? Pour plus de renseignements voir : Robert Holcman, «Atomisation de la protection sociale et fractionnement de l?offre hospitalière en Turquie», Revue internationale de Sécurité sociale, vol. 57, no 2, avril-juin 2004, p. 183-108, disponible sur robertholcman.net. Sports
FootballArticle détaillé : Football turc. Le football est très probablement le sport le plus populaire ; la vie s?arrête pratiquement lors des rencontres entre Galatasaray, Fenerbahçe, Be?ikta? et Trabzonspor. La Turquie participe au Championnat d'Europe de football. Elle est également membre de l'UEFA (Union des associations européennes de football). Entre ces 4 équipes, l'équipe stambouliote du Galatasaray est la seule à avoir remporté la Coupe d'Europe le 17 mai 2000 et la Supercoupe de l'UEFA 2000. BasketballLa Turquie a de bons joueurs de basket-ball avec comme Mehmet Okur, 2003-04 Champion NBA avec Detroit Pistons premier turc sélectionné pour le All Star de la NBA en 2007, ou Hidayet Türkoglu meilleure 6e homme lors de sa deuxième saison, 2007-2008 réalisant deux triple double et meilleure progression NBA 2008 Most Improved Player. Au niveau européen, deux grands clubs turcs font partie du top européen: Efes Pilsen et ülker-Fenerbahce. Ces deux clubs sont constamment en Euroleague. VolleyballLe volley-ball et le beach-volley sont très appréciés par les femmes comme par les hommes. L'équipe de volley-ball féminine turque a fait de grands progrès depuis quelques années et est devenue l'une des équipes les plus fortes d'Europe, notamment grâce a Eylem Da?li très populaire à Istanbul. Sport automobileEn 2007, Kenan Sofuoglu est devenu le premier turc champion du monde d'un sport mécanique : il a remporté le championnat de Mondial Supersport, une compétition de moto réservée aux 600 cm³. La ville d'Istanbul organise aussi une course de Formule 1 chaque année depuis 2005. Lutte gréco-romaineLa lutte gréco-romaine est le sport national en Turquie. Les combats les plus importants ont lieu durant le Kirpinar Yagli Guresi qui se déroule dans la province d'Edirne. HaltérophilieLe pays compte beaucoup de médailles et de records en haltérophilie, notamment grâce à Naim Süleymano?lu et Halil Mutlu. BillardSemih Sayg?ner a apporté de nombreuses médailles à la Turquie. Après ses performances, la Turquie s'est doté d'une fédération. CultureOrhan Pamuk, lauréat du Prix Nobel de littérature en 2006, est un des romanciers majeurs turcs de nos jours. Une des portes principales du Palais de Dolmabahçe. La Turquie a une culture très diverse qui est un mélange des éléments des cultures et traditions oghouzes, anatoliennes (arméniennes, grecques, kurdes, lazes...), ottomanes (qui elles-mêmes sont une continuation des cultures gréco-romaines et islamiques) et occidentales, qui a commencé avec l'occidentalisation de l'Empire ottoman et continue encore aujourd'hui. Ce mélange a commencé par la rencontre des Turcs et leur culture avec celles des peuples qui étaient sur le chemin de leur migration d'Asie centrale vers l'ouest.[26],[27] Avec la transformation progressive d'un Empire ottoman fondé sur la religion en un état-nation moderne, avec une séparation forte de l'État et de la religion, les méthodes d'expression artistique se sont développées. Pendant les premières années de la république, le gouvernement investit beaucoup de ressources dans les beaux-arts, les musées, les théâtres, les opéras et l'architecture. Les différents facteurs historiques jouent un rôle important dans la définition de l'identité turque contemporaine et la culture turque est le produit des efforts pour être « moderne » et occidental avec la nécessité éprouvée de maintenir des valeurs traditionnelles, religieuses et historiques[26]. MusiqueArticle détaillé : Musique turque. La musique pop de Turquie a fait une croissance après l'ouverture de nouvelles chaînes de télévision dès le début des années 1990. Pour citer quelques artistes turcs, il y a Sezen Aksu (très aimée pour les chansons qu'elle compose et chante elle-même), Tarkan (avec un album qui l'a rendu très célèbre en Europe), Sertab Erener qui a gagné le grand prix de l'Eurovision en 2003. Il existe plusieurs instruments typiquement turcs, tels que le saz, le ney qui sont toujours pratiqués dans la vie moderne turque. Le rap et le rock sont surtout appréciés par les jeunes. Les différentes influences culturelles que subit la Turquie se retrouvent au c?ur de sa musique, mêlant sonorités traditionnelles et occidentales. Spécialités culinairesArticle détaillé : Cuisine turque. Fêtes et jours fériés
PolitiquePolitique intérieureArticle détaillé : Politique de la Turquie. La Turquie est une république parlementaire. Le président est le chef de l?État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est élu par l?assemblée nationale pour un mandat de sept ans. Le président choisit le premier ministre[29]. Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les cinq ans. La constitution en vigueur date de 1982. Relations internationalesArticles détaillés : Politique étrangère de la Turquie, Relations entre la Turquie et l'Union européenne et Relations entre Israël et la Turquie. La Turquie est membre fondateur de l'ONU (1945), OCDE (1960), OSCE (1973), G-20 (1999) et membre (non fondateur) du Conseil de l'Europe (depuis le 9 août 1949) et l?OTAN (depuis le 18 février 1952). Elle abrite des bases américaines à ?ncirlik, Izmir et Ankara. La Turquie est un allié historique important des États-Unis depuis la guerre froide du fait de sa position par rapport à l'URSS. Cette entente a néanmoins faibli durant la dernière guerre d'Irak, où les deux pays se sont opposés sur la question kurde, la Turquie craignant qu'un pouvoir kurde trop fort en Irak ne favorise les prétentions indépendantistes des Kurdes de Turquie. La Turquie tient une position proche de l'Iran sur cette question. La Turquie est le premier pays à majorité musulmane à reconnaître l?État d?Israël dès 1949 et le seul à entretenir avec de bonnes relations. Elle ravitaille Israël en eau. Les deux États ont ainsi signé un accord portant sur 50 millions de mètres cubes d'eau douce par an pendant vingt ans, pour une valeur d'environ un milliard d?euros. Une coopération militaire très étroite se développe entre Israël et la Turquie depuis 1996, avec plusieurs accords sur la défense et l?échange de haute technologie. Les deux États entreprennent également des man?uvres militaires conjointes, épaulées par les États-Unis. La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, dont elle a occupé la partie nord du territoire, mais est le seul État à reconnaître la République Turque de Chypre du Nord créée après l?intervention en 1974 par l?armée turque. Des tensions apparaissent sporadiquement avec la Grèce au sujet de la mer Égée. Après les premières victoires de l'armée arménienne sur l'armée azérie lors de la guerre du Haut-Karabagh, le président turc Süleyman Demirel décrète en 1993 un embargo contre l?Arménie. La Turquie est solidaire avec les Azéris, un peuple turc, et a toujours maintenu des relations houleuses avec les Arméniens (notamment la diaspora arménienne) sur la question du génocide. L'embargo est aujourd'hui toujours en vigueur, les deux pays n'entretiennent aucune relation diplomatique officielle et la frontière reste fermée. La Turquie accueille le récent oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan conjointement avec l'Azerbaïdjan et la Géorgie. Ces trois pays sont les principales nations pro-occidentales dans le Caucase, opposées à l'axe Russie-Arménie. L'intérêt de cet oléoduc pour les occidentaux est d'accéder au pétrole de la mer Caspienne en contournant la Russie et l'Iran. Cependant, le 6 septembre 2008, à l'occasion d'une rencontre entre les deux équipes nationales de football comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde 2010, le président turc se rend à Erevan pour assister au match au côté de son homologue arménien. La Turquie est actuellement candidate à l?adhésion à l?Union européenne. La Turquie est actuellement candidate à l?adhésion à l?Union européenne ; les négociations ont commencé en octobre 2005. Les conditions à remplir les plus souvent évoquées constituant les critères de Copenhague sont adaptées à la situation de la Turquie :
ÉconomieArticle détaillé : Économie de la Turquie. Quelques indicateurs statistiques[9] :
Défense et géopolitiquePendant des décennies, l'armée turque a pesé très lourd en tant qu'acteur de la vie politique. La séparation entre l'État démocratique et les généraux était floue, au point que la notion de démocratie pouvait s'effacer devant la tentation du nationalisme. À ce niveau, l'appartenance à l'OTAN et les longues négociations avec l'Union européenne ont permis une séparation plus nette, mais la guerre intérieure contre les rebelles du PKK et la frontière commune avec l'Irak n'ont pas permis un changement important. Depuis la reprise des attaques kurdes autour de Diyarbakir et la multiplication d'interventions militaires dans la zone tampon du Nord de l'Irak, les généraux turcs tentent de multiplier les pressions pour obtenir des prérogatives extraordinaires dans le cadre de « luttes contre le terrorisme ». Ces prérogatives seraient antidémocratiques :
MédiasRadios Télévision Personnalités
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Notes et références
Voir aussiArticles connexes
Liens externes
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